Ma lignéeChapitre II / VIII1823–1898
Henry Hind Swann, pharmacien de Castiglione
Ce qui passe d’un monde à l’autre : la pilule
Né à Grantham, formé à Londres, installé à Paris en 1847 : Henry Hind Swann fonde rue de Castiglione une pharmacie anglaise qui portera son nom pendant plus d’un siècle.
De Grantham à Paris
Henry Hind Swann naît vers 1823 à Grantham, dans le Lincolnshire. Il étudie la médecine à Londres dans les années 1840, puis s’installe à Paris en 1847. Vers 1853, il épouse une Parisienne, Judith Félicie Davoust (1830-1903).
La pilule anglaise
En 1833-1834, François Mothes et Joseph Dublanc brevettent en France la capsule molle en gélatine. Dans un pays où les préparations liquides dominent encore, Henry Hind Swann est associé à l’importation et à la diffusion à Paris des pills anglaises. La tradition familiale le résume d’une phrase : il a amené la pilule en France.
1856, le chloroforme
Le 16 mars 1856, l’impératrice Eugénie met au monde le Prince impérial au terme d’un accouchement difficile. Le chloroforme, encore récent et chargé de risque, y est employé. La mémoire familiale, reprise par l’historien François Bourmaud, associe Henry Hind Swann à cette scène comme homme du chloroforme.
Les adresses de la pharmacie
L’officine ouvre vers 1850. Le guide Galignani de 1889 la présente ainsi : « H. H. Swann, Chemist to the American Embassy, Pharmacien de 1re classe, Established 1850, 12 rue Castiglione ». En 1866, un ouvrage du docteur Laborde la cite comme dépôt national de spécialités, avec des dépositaires à Montpellier, Nice, Lyon, Bordeaux, Nantes et Toulouse.
Le 15 avril 1879, la revue britannique The Chemist and Druggist publie une réclame « SWANN, 13 RUE CASTIGLIONE » : prix en monnaie britannique, conditions pour les expéditeurs et les marchands. La maison parle aux Anglais par-dessus la Manche.
Une méthode américaine
Dans les années 1880, le Répertoire de pharmacie décrit les méthodes de « M. Swann ». Ses garçons de courses doivent prendre toute commande, quelle qu’en soit l’importance, même si elle ne consiste qu’en un timbre-poste. En Amérique, note l’auteur, les pharmaciens vendent des timbres. Pour Swann, la simple carte-réclame ne suffit plus à attirer l’attention du public.
1898
Henry Hind Swann meurt en 1898. Il laisse à son fils unique, Alfred, une fortune d’environ 40 000 livres, près d’un million de francs. La même année naît son petit-fils, Cecil. La famille quitte le commerce ; l’enseigne, elle, continue avec d’autres titulaires, dont John Jarvis au n° 12.
Commentaires