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Ma lignéeChapitre I / VIII1801–1858

Une rue pour les Anglais

Ce qui passe d’un monde à l’autre : le décor

Avant les Swann, il y a une rue. Percée sous le Consulat entre les Tuileries et la place Vendôme, la rue de Castiglione devient au XIXe siècle l’adresse des voyageurs anglais et américains, et de leurs pharmacies.

Une percée consulaire

Le 9 octobre 1801, 17 vendémiaire an X, un arrêté consulaire décide l’ouverture d’une rue sur l’emplacement de l’ancien couvent des Feuillants. Vers 1802, la rue de Castiglione relie les Tuileries à la place Vendôme. En 1812, l’almanach de La Tynna n’y compte encore que deux maisons.

Le quartier des étrangers

Autour du Meurice et de la place Vendôme se concentrent les hôtels, les ambassades et les voyageurs fortunés. Une clientèle anglophone y trouve ses fournisseurs, parmi lesquels des pharmacies anglaises et anglo-américaines. Roberts & Cie, place Vendôme puis rue de la Paix, sera fournisseur breveté de Napoléon III, d’Édouard VII et de la reine Alexandra. L’officine anglaise y est tout à la fois un lieu de soin, un commerce, un réseau et un service rendu aux étrangers.

Le n° 6, une adresse avant la pharmacie

De 1834 à 1867, Jean-Baptiste Henri Valton tient au n° 6 une papeterie-édition à l’enseigne « Aux produits des arts », pour un loyer annuel de 400 francs. Il expose aux Expositions des produits de l’industrie de 1834 et de 1839 et édite en 1845 le catalogue de la maison Japy. À sa mort, en 1867, son fils reprend l’imprimerie.

En 1858, la poétesse anglaise Elizabeth Barrett Browning date une lettre du « 6 Rue de Castiglione, Place Vendôme ». L’adresse est déjà un lieu de passage pour les Anglais de Paris.

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