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Ma lignéeChapitre III / VIII1863–1928

Alfred et Cantepie, l’Anglais de Paris

Ce qui passe d’un monde à l’autre : le sport, les lettres

Fils unique de Henry, Alfred Thomas Swann ne sera pas pharmacien. Rentier, sportif, homme de lettres, il vit en Parisien et reste Anglais, jusque dans ses papiers.

Un enfant de Paris

Alfred Thomas Swann naît à Paris en avril 1863 et grandit dans le 16e arrondissement. Les actes le diront propriétaire, rentier, homme de lettres.

Les sports anglais à Condorcet

Élève au lycée Condorcet, il passe chaque année ses vacances à Brighton. Entre 1879 et 1880, il initie ses camarades à un entraînement « méthodique et raisonné », à la course et au football, et forme des équipes. Il participe à l’organisation de la Société des Courses du Bois de Boulogne. Après les pilules du père, ce sont les sports du fils qui passent la Manche.

1894 : rester Anglais

En juin 1894, Alfred renonce officiellement à la nationalité française pour garder la nationalité britannique. Il vit à Paris, écrit, court, fréquente les Français, sans s’y dissoudre.

Cantepie, le manoir au cygne

À Cambremer, au cœur du Pays d’Auge, le manoir de Cantepie a été bâti vers 1600 pour la famille Le Gouez. Devenu propriété des Swann, il est agrandi par l’architecte caennais René Jacques Baumier. Sur le toit, un épi de faîtage en fer forgé représente un cygne, swan en anglais. Sur une cheminée, une plaque sculptée montre trois pies, autre jeu de mots, sur Cantepie cette fois.

En 1901-1902, le peintre Géo Lefèvre décore la salle à manger d’une frise inspirée de La Fiancée du timbalier de Victor Hugo. Ce décor est aujourd’hui recensé à l’Inventaire général du patrimoine culturel.

Les sociétés littéraires

Alfred fréquente les sociétés littéraires de la Belle Époque, aux côtés de Jules Renard, Georges Bourdon, Henri Morisset ou Raymond Bigot. Selon les documents familiaux, Jules Renard lui dédie un texte en 1906. Alfred meurt à Paris le 16 novembre 1928.

Proust et le nom Swann

Henry Hind Swann était un ami d’Adrien Proust, le père de Marcel, et le romancier connaissait Cantepie depuis Cabourg ; il donnera d’ailleurs le nom de Cambremer à une famille de la Recherche. Dans une lettre de 1920 à Harry Swann, Proust raconte avoir cherché pour son personnage un nom d’apparence anglo-saxonne, avec deux n. Le nom vient donc bien de ce monde-là ; le modèle de Charles Swann, lui, reste d’abord Charles Haas, comme Proust l’a reconnu.

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