Ma vieChapitre IV / IV2026
La matière d’une vie
Ce qui passe d’un monde à l’autre : le récit
À cinquante-trois ans, Alexander rassemble les actes, les archives et les récits de sa famille. Il les travaille comme un système, avec des lois inventées et une vérité bien réelle.
La rétro-ingénierie d’une vie
Depuis le début de 2026, Alexander démonte sa propre histoire comme on démonte un programme : actes d’état civil, archives, articles, récits transmis, souvenirs. Il travaille par couches successives et garde les trous visibles : quand une raison manque, elle reste à trouver. Le livre pourra prendre deux ans ou quinze ; la matière pourra un jour être confiée à un biographe, sous son contrôle.
La Bible Swann et les lois de Swann
De ce travail est née la Bible Swann, le document où tout se range, et un jeu sérieux : les lois de Swann. Mathématiques fausses, vérité narrative. La règle du timbre vient des coursiers de la pharmacie : aucune demande n’est trop petite pour être servie. Le typage Alfred vient du refus d’assimilation : on s’intègre sans se laisser convertir. Le protocole Frelons vient de la maison assiégée : couper la lumière réduit la surface d’attaque. Le geste de la grand-mère vient de l’étouffement : un sauvetage n’est pas une question de force, mais de bon geste au bon moment.
Toujours de la lumière
Dans la vision Swann, la vie peut être dure, violente, fatigante, magnifique ; il y a toujours de la lumière quelque part. Même dans l’obscurité, elle se trouve ou se fabrique. C’est à cela que sert, au fond, la vieille phrase : démerde-toi, il faut que ça marche.
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