Mon croisementChapitre III / V1984–2000
Démerde-toi, il faut que ça marche
Ce qui passe d’un monde à l’autre : la débrouille
Après la mort de Gordon, la famille tient par le travail. Alexander apprend tout dans la petite entreprise de sa mère, et commence à regarder les machines.
Une phrase pour méthode
Alexander résume sa façon d’être au monde en une phrase : démerde-toi, il faut que ça marche. Un besoin apparaît, un obstacle se présente ; il regarde ce qu’il a sous la main, ce qu’il sait déjà, ce qu’il a vu faire, et il assemble jusqu’à ce que ça fonctionne.
Couteau suisse
Pendant une dizaine d’années, il travaille aux côtés de sa mère dans la société familiale, une structure de trois à sept personnes. Il y apprend tout : le secrétariat, le commercial, le marketing, les contrats, la gestion des clients et des prospects, la comptabilité, la paie, le recrutement. Il fait même le coursier. Sept jours sur sept, souvent douze à dix-huit heures par jour.
Les machines
Vers dix-sept ans, il regarde travailler un informaticien. Il apprend en observant, puis il bidouille, programme, teste, casse et répare. Il devient l’informaticien et l’administrateur système de la maison, et développe en dBase les outils de gestion dont la société a besoin.
Six tonnes et demie de saumon
La société lance aussi une activité de vente aux comités d’entreprise : du saumon importé directement d’un producteur scandinave, en pavés de 900 g à 1 kg garantis au même prix. Des dizaines de milliers de courriers partent ; la première année, 6,5 tonnes sont vendues. Alexander tient ensuite seul cette activité pendant environ six ans, puis l’élargit au foie gras, au canard, à l’oie et aux produits du terroir.
Samantha et Terry
Au milieu de ces années de travail, Alexander devient père : Samantha naît en 1991, Terry en 1993. Le nom Swann passe à une nouvelle génération.
Le poker
À la fin des années 1990, il commence à jouer au poker. Il en traversera toutes les époques : le jeu en salle, les sites en ligne, puis les outils d’analyse les plus poussés. Il terminera deuxième d’un tournoi majeur de trois cents joueurs, preuve, écrit-il, que l’expérience ne se mesure pas seulement en gains, mais en résilience, en lecture et en adaptation.
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